04 novembre 2005
L'absence, mon coeur. C'est déjà trop tôt.
Elle fume avec ses pieds. Lui, il a du tabac jusque dans les cheveux.
Ca la change d'elle.
Après elle a joué. Ils ont mangé une pizza décongelé. Il y avait des pots de peinture blanc, un soleil froid. Une caresse. Elle a perdu sa langue.
Elle va devenir folle.
Et puis les rides de ses yeux.
Elle l'appelle et puis raccroche. Parfois, elle oublie son ombre.
Corrida.
Arc bouté et bouche absente, elle fait la morte dans son gosier, à quatre pattes sur un mur. On mate bien les toros surtout lorsqu'ils vous basculent à l'envers.
Tu n'as pas d'os, colonne absente, mon invertébrée. Comme un lézard. Vingt-quatre heures contre sa bouche. J'aspire la moquette et à quatre mains on joue du piano sur mon dos.
24 octobre 2005
Elle n’a plus peur. Elle n’a plus peur de ses secousses nasales. Et cette main qu’il agite sur son dos, en décortiquant la colonne vertébrale. Elle n’a plus peur des phalanges qui vont lui susurrer le crâne. Jusqu’au noyau. Et son nombril, en bouchon. Elle va y boire le soleil. Un soleil cramé par la terre et la roche, une éclipse de trottoir, une lune usée. Jusqu’à la pointe.
Ville anémique. Sous perfusion. Elle halète. Manger des crustacés déchus dans la paume de sa main. Café miteux avec des litres de rouge qui colorent quatre rides. Les putains ont chaussé des vernis qui arrachent les genoux. Jusqu’à la plaie. Elle sort. Elle connaît la suite. Dix mètres carrés dans la surface de son cœur. Elle y entasse sa nostalgie. Jusqu’à craquer.
Par la fenêtre. Nuages squelettiques, glacés, qui perfusent l’estomac. Elle connaît la suite. Elle va rester dans son coin. Tête basse sur les genoux. Absorption organique de ses pieds. Il va rentrer. Elle n’a plus peur. Il va déshabiller. Il va être juge, de ses hanches trop larges, de ses cheveux mous, du nez qui absorbe le visage. Il va être juge. De la cuisse mauvaise.
Faut bien leur donner à bouffer, les malheureux.
17 octobre 2005
Architecture de la jupe courte
Quincaillerie du Dimanche.
C'est un homme qui me parle de robinets, la route est grise, il pleut sur Oberkampf, du zinc sur sa bouche et en étreignant mes reins, on colore les alchimies de la flotte, qui coule et suinte sur sa brocante. J'ai lavé mes jambes et il regarde la grèle, qui s'échappe du goulot, en triturant le contour, il sourit, et j'y bois au goulot, tout contre son robinet gris, sa peau et la tuyauterie.
Je n'aime plus les hommes, seulement les cheveux blonds d'Elsa, qui colore le soleil, St Germain et puis ses seins.